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Techniques utilisées J’utilise différents papiers (papiers de soie,
d’emballage, vieux rouleaux de fax, etc…) collés
sur de la toile brute (recouverte d’un enduit transparent),
qui sont ensuite retravaillés à la peinture acrylique,
aux pigments naturels, au fusain, avec rajoutes à certains
endroits de différentes matières (sable, modeling paste,
….) ensuite grattés au papier de verre, repeints, en
couches successives, pour arriver à un effet d’usure,
exprimant les empreintes du temps sur les choses. |
"Un pan de mur délabré, un dépouillement ruineux, un coin de vitre abandonné… Le temps est là, il passe, il me faut en témoigner : fatiguer les couleurs, chiffonner plus les papiers, rustiquer davantage les matières, jusqu’à l’écorchure. Alors que je surprends l’espace accablé de temps, le temps m’accable et j’accable à mon tour le papier, la matière et la toile, et tout cela ne fait qu’une même usure." "Dans l’œuvre d’Ariane Bosquet, (Bruxelles, 1959), le temps est un élément conducteur insaisissable. Elle parvient à capter cette notion impalpable l’espace d’un moment de son évolution. Qui dira d’où sont nées ces œuvres sans cesse travaillées et retravaillées ? Sont-elles le fruit d’un esprit unique ou plutôt d’une mémoire collective ? Sorties du plus profond des abîmes de l’âme, les œuvres d’Ariane Bosquet sont les dépositaires d’un instant dans le temps." |
Aux portes du Mali.
Ariane Bosquet a été invitée à Bamako, au Mali, en juillet 2008 pour une résidence d’artistes d’un mois chez Chab Touré, galériste, photographe et historien d’art. Après avoir commencé par faire quelques toiles classiques inspirées des couleurs locales, il lui fallait trouver un fil conducteur différent de ce qu’elle avait l’habitude de faire ici à Bruxelles. Elle a alors effectué un travail sur le thème des portes qu’elle a photographiées tout au long de son voyage. De vieilles portes en bois, en tôle, en fer, patinées par le temps. En récupérant de vieilles tôles rouillées le long des routes chez les ferrailleurs, elle a commencé par les utiliser en tant que support d’encadrement, en collant des petites toiles travaillées avec ses papiers, évoquant les portes. Mais cela ne lui suffisait pas, il fallait qu’elle aille explorer plus en profondeur ce nouveau matériau. Ce fut donc, au long de ces 3 semaines, un work in progress permanent pour finir à arriver à des œuvres incorporant ses matières travaillées à même la tôle, et s’éloignant de plus en plus du thème de la porte… : confondre la rouille du temps avec ses matières pour ne faire plus qu’un, ne sachant plus où l’un se situe par rapport à l’autre, toujours à la recherche de l’empreinte du temps qui passe sur les choses de la vie. |
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